Yoon Wi | Le chemin #9 – Alidou Bandé

ABASE : faire passer le métier de vidangeur manuel de l’ombre à la lumière

A Ouagadougou, au Burkina Faso, rares sont les personnes ayant les moyens de s’offrir les services d’un camion pour vidanger leur fosse septique. Quand la fosse est pleine, ils doivent alors faire appel aux vidangeurs de l’ombre : les vidangeurs manuels. Travaillant souvent la nuit pour éviter les regards méprisant de la population, sans protection ni vaccination, ils se jettent littéralement dans les fosses pour en extraire les boues de vidanges. Outre les dangers sanitaires auxquels ils sont exposés, travailler dans ces conditions ne leur rapporte pas beaucoup, ce métier étant complètement dénué de valeur aux yeux des burkinabé. Pourtant, ils sortent chaque jour de nombreuses personnes de l’embarra.

Constatant la situation, Alidou Bandé ne reste pas indifférent devant le sort de ces personnes, estimés à plus de 200 à Ouagadougou, et décide de fonder une association. En discutant avec les vidangeurs, il tente de comprendre ce qui pourrait les aider à être reconnus et à pratiquer leur métier dans de bonnes conditions. Il démarche alors de nombreuses structures, notamment  le Réseau Projection, réseau de jeunes professionnels dans les services urbains, qui va lui venir en aide.

Ensemble, ils décident de changer progressivement le regard de la population sur ce métier. Par l’achat de 2 motos-tricycles, la prise en charge d’équipements complets et la vaccination de 10 vidangeurs, ils lancent peu à peu l’activité. L’apport de matériel à des projets en construction est parfois critiquable car parfois inadapté aux besoins réels du projet. Ici, cette approche a fait ses preuves. En effet, la situation des 24 vidangeurs manuels aujourd’hui membres d’ABASE a bien changé. Maintenant fiers de faire leur travail en journée, vaccinés et protégés dans leur travail, ils gagnent plus d’argent, leur travail ayant changé de perception. Finalement, ce matériel a crédibilisé leurs activités et permis le développement de la communauté, cela n’étant possible que par l’intermédiaire d’une personne locale connaissant les réalités du terrain.

Pour retrouver les autres portraits, rendez-vous ici !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *